3 idées fausses sur la culpabilité

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“La culpabilité est un véritable poison pour l’esprit et pour l’âme.”

Cette phrase est un extrait d’un de mes livres de chevet. Cependant j’ai longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité diffuse. Coupable de ce que ressentent mes proches, de ce que je ressens, de mes imperfections, de qui je suis en général. Vaguement coupable aussi en voyant Jésus-Christ cloué sur sa croix à cause de mes péchés (ou ceux de mes ancêtres, j’ai jamais tellement compris).

Et pourtant, l’intérêt pratique de ce sentiment ne passe décidément ni le test de la réflexion, ni celui de l’expérience personnelle.

1 – La culpabilité “compense” vos erreurs

Vous êtes marié(e)s et vous ressentez une attirance pour un(e) collègue ? Vous n’aimez pas les fêtes de famille ?  Vous prenez de grands bains écologiquement désastreux ?  Vous rêvez de faire la feignasse et de prendre du temps pour ne rien faire ? Vous n’arrivez pas à aimer votre père, votre mère ou votre fratrie ?

Tout ça, c’est très mal… ;-)

Vous pensez peut-être qu’en “vous sentant mal”, vous “rachetez” vos mauvais sentiments. Bien sûr, c’est complètement irrationnel, et ça ne marche pas comme cela.

La réalité, c’est qu’on est pas responsable des émotions, sentiments, désirs et pensées qui nous traversent. On est seulement responsable de ce qu’on fait avec. On ne peut pas s’obliger à aimer quelqu’un. L’amour et les sentiments ne se forcent pas, même au sein de la famille.

Une attention totale et de l’indulgence envers ce qui émerge de notre monde intérieur est à mon sens une des pratiques les plus saines qui soient, à la fois pour nous-même et pour les autres.

 

2 – La culpabilité est une aide efficace pour perdre du poids

J’entends parfois : “je n’arrive pas à faire des régimes : je n’ai aucune volonté !”

Pourtant, le vieux système régime->frustration->craquage->gavage->culpabilité->régime est un cercle vicieux qui n’est pas efficace pour perdre du poids.

Le jour ou j’ai suivi les conseils de Geneen Roth, j’ai arrêté de me morfondre dans un sentiment d’indignité et d’insatisfaction.  Je me suis alors posé les bonnes questions, et j’ai retrouvé  un équilibre alimentaire, une silhouette à mon goût et un plus grand bien-être. Ma conclusion est sans appel : à ce niveau, la culpabilité est toxique.

 

3 – Pour trouver le coupable, cherchez la mère

Une mère doit tout à ses enfants : son lait, son temps et son énergie. Si quelque chose ne va pas chez son enfant, c’est forcément de sa faute à elle. Car devenir mère de nos jours, c’est véritablement entrer en culpabilité. D’ailleurs, j’entends parfois autour de moi : “une telle n’est pas très maternelle”.

Je n’ai jamais entendu dire d’un homme qu’il n’était “pas très paternel”. Tout le monde s’accorde à penser qu’un père peu disponible pour ses enfants, c’est plutôt normal.

le conflit Et pourtant, Elisabeth Badinter dans son ouvrage Le conflit, la femme et la mère nous rappelle que cette vision de la maternité n’est que le fruit d’un retour actuel à un certain “naturalisme”. A l’époque des lumières par exemple, les mères françaises des milieux aisées étaient les plus libres d’Europe. On attendait d’elles essentiellement qu’elles ne négligent ni leur mari, ni la vie mondaine et ses sorties au théâtre, qu’elles se tiennent au courant de l’actualité et qu’elles excellent dans l’art de la conversation.

Les tâches triviales et peu gratifiantes du soin aux enfants étaient confiées aux nourrices, intendantes et aux éducateurs.

Alors qu’on se le dise : une mère est une personne elle aussi ! Avec des besoins, des émotions et par forcément le gout ni le devoir de sacrifier ces derniers.  D’ailleurs, une mère heureuse, enthousiaste et épanouie est un modèle beaucoup plus sain pour les enfants qu’une mère dépressive, plombée par l’esprit de sacrifice, rongée par l’ennui et la frustration.

                                                                    —-***—-

Bien évidemment, je ne vous dis pas d’éliminer votre mauvaise conscience, de vous vautrer dans l’adultère, de devenir une vrai marâtre, de martyriser le chat ou de piétiner vos semblables.

La mauvaise conscience, c’est ce sentiment désagréable  qui apparait quand vous faites du mal à autrui. Un sentiment de responsabilité vous pousse alors à réparer vos erreurs. Il vient de l’intérieur contrairement à la culpabilité qui est un jugement issu de la pression extérieure, du socialement correct.

En conclusion, on peut être coupable de ses actes, jamais de ses désirs ou de ses pensées. Ne vous sentez jamais coupable d’avoir des besoins, des envies, des émotions, des pensées qui ne collent pas avec ce qu’on attend de vous. A la place, faites votre cinéma et déclamez haut et fort le slogan de cette pub de M. Scorsese pour un parfum bleu : “I am not going to be the person I’m expected to be anymore ! ”



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7 commentaires pour “3 idées fausses sur la culpabilité”

  1. www.fuzz.fr 21 mars, 2011 10 h 18 min

    3 idées fausses sur la culpabilité…

    “La culpabilité est un véritable poison pour l’esprit et pour l’âme.” Cette phrase est un extrait d’un de mes livres de chevet. Cependant j’ai longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité diffuse. Coupable de ce que ressentent mes proches, de ce que…

  2. Franck | Papa Blogueur 21 mars, 2011 11 h 13 min

    Houlà, alors là je connais !
    Pas moi personnellement, mais via ma belle-mère qui rend coupable ma femme de pas mal de choses de par son comportement direct, indirect, voulu ou non.
    Je ne rentrerai pas dans les détails, mais un mauvais rapport mère/fille qui se dégrade avec le temps c’est vraiment un sacerdoce.

  3. Monalisa 21 mars, 2011 11 h 28 min

    @Franck : je compatis ! Je fuis comme la peste les gens qui excellent dans l’art de culpabiliser leurs proches. Quand c’est sa propre mère, c’est plus difficile à faire.

  4. Ghiz 21 mars, 2011 15 h 49 min

    Merci pour cet article! De mon côté je culpabilise énormément vis à vis de mon fils de 18 mois car je ne suis pas assez présente à cause du boulot! Je m’en veux de ne pas le suivre dans ses évolutions quotidiennes… et de pas mal d’autres choses! Du coup, dès que je rentre je m’occupe que de lui, pareil le week end, amis ce sentiment est toujours présent malgré cela!!! Ma conscience n’est jamais tranquille

  5. Yves Destination-Terre 22 mars, 2011 17 h 34 min

    Chose certaine, la culpabilité a la vie dure puisqu’elle s’installe partout! À preuve, que l’on veuille faire une action banale ou extraordinaire, il y aura toujours quelqu’un pour vous faire sentir coupable ou pour vous démontrer que ce que vous avez envie de faire de votre vie n’est que de la m……

    Mais bon, pour avancer, il faut passer outre! A+

  6. daniel 23 mars, 2011 16 h 21 min
  7. Grégory 25 mars, 2011 16 h 46 min

    « La réalité, c’est qu’on est pas responsable des émotions, sentiments, désirs et pensées qui nous traversent. On est seulement responsable de ce qu’on fait avec. »

    J’adore cette phrase. A mon humble avis, elle mérite de trôner à coté de d’autres citations. Merci.

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