3 idées fausses sur le bonheur

Bansky monkey
Creative Commons License photo credit: kalidoskopika

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi les gens se marient-ils ? Pourquoi font-ils des enfants ? A mes nombreuses questions, j’ai obtenu très tôt de mon entourage des mines stupéfaites, gênées, parfois même consternées. Qu’est ce qui n’allait pas chez moi ?

Il allait de soi que toute personne “normale” veut se marier et avoir des enfants, on vit parce que c’est comme ça, et se poser trop de questions est “dangereux”.

Aujourd’hui, je propose aux lecteurs qui ne sont pas satisfaits par ce genre de réponses d’examiner 3 idées reçues sur le bonheur.

 

1 – Le bonheur, c’est pour les imbéciles

Autre version de cette idée : “les êtres simples ont plus de chances d’être heureux” ou encore  “heureux les simples d’esprit, le royaume de dieu leur est acquis”.

Quand j’étais ado, je sentais qu’il était de bon ton de s’habiller en noir, de garder l’air sérieux et de ne surtout pas sourire : ça donnait l’air bête ! C’était l’époque ou réussir dans la vie semblait beaucoup plus important que de réussir sa vie.

De la même façon, on entend des intellectuels comme Pascal Bruckner dire : “le bonheur ne m’intéresse pas.”

S’il est possible que le bonheur soit plus accessible chez les personnes vivant un handicap mental, je pense que pour le reste des individus, l’association entre bonheur et absence de réflexion est une idée complètement fausse.

D’ailleurs, allez tester vous-même le mal-être et la souffrance : vous verrez bien si ça vous rend plus intelligent !

 

2 – Les enfants : que du bonheur !

Dans les années 70, une chroniqueuse du Chicago Sun-Times demanda à ses lecteurs s’ils referaient le choix de la parentalité sachant ce qu’ils savaient. Elle reçut une dizaine de milliers de réponses. A la stupeur générale, 70% avaient répondu par la négative ! Ces personnes jugeaient que les sacrifices étaient trop importants par rapport aux satisfactions qu’ils en avaient tirés.

Je suis une adepte de la pensée positive, toutefois je crois qu’il faut arrêter de passer sous silence les difficultés afin de mieux préparer les futurs parents à la réalité.

leconflit_thumb1 Dans son ouvrage Le conflit, la femme et la mère
Elisabeth Badinter ose rappeler que l’autre face de la parentalité c’est aussi :
- l’épuisement (les 1ers mois du bébé sont particulièrement éprouvants et l’allaitement peut être vécu comme un esclavage),
- une mise en suspens plus ou moins longue de la vie amoureuse (les contraintes et sacrifices peuvent avoir raison du couple),
- de nouvelles responsabilités et de nouveaux devoirs,
- le sentiment d’aliénation,
- le sentiment de culpabilité (pour la mère surtout),
- un alourdissement de la charge de travail domestique (pour la mère surtout),
- un frein à l’évolution de la carrière professionnelle et la rémunération (pour la mère surtout).

Certes, les enfants sont une source incontestable d’épanouissement pour beaucoup de parents. Et j’aime infiniment la façon dont Leo Babauta parle du bonheur qu’il éprouve dans sa vie de famille. Je vous recommande toutefois cet ouvrage qui m’a réjoui par son audace et son anticonformisme.

 

3 – Le bonheur, ça se mérite

Après les errances et les épreuves, “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”.

Une fois les trolls et orques décimés, une fois la guerre terminée, les hobits, nains, elfes et autres créatures pourront enfin vivre heureux dans la paix retrouvée de la communauté de l’anneau.

Si je fournis de gros efforts aujourd’hui, c’est pour me permettre d’être heureux demain.

vivre4 On peut avoir tendance à penser que le bonheur se mérite par une vie de souffrances.

D’après Mihaly Csikszentmihalyi (Vivre – La psychologie du bonheur), cette façon de penser trouve ses origines
lointaines dans la religion. Cette idée a d’ailleurs permis la survie de la société dans des époques de fortes inégalités sociales.

Pourtant, le bonheur ne se conjugue qu’au présent, pas au futur. L’art du bonheur, c’est l’art de vivre le moment présent. Et le bonheur dans l’activité, c’est la capacité à s’impliquer dans une activité si totalement que le sentiment de soi se désintègre et qu’on ne voit pas le temps passer.  Il s’agit bien de trouver la joie dans l’action, et non dans son résultat. De grimper une paroi pour le plaisir de grimper, non pour le plaisir d’arriver au sommet. D’être tellement immergé dans la peinture des murs de son salon qu’on en oublie la fatigue, la faim et l’inconfort.

Et vous, voyez-vous d’autres idées reçues sur le bonheur ?



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10 commentaires pour “3 idées fausses sur le bonheur”

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Dev Perso, orlandoconsult, Marion REMY, Lebonheurpourlesnuls, Mohamed Semeunacte and others. Mohamed Semeunacte said: 3 idées fausses sur le bonheur http://bit.ly/goBT2a @LeBonheurPrLesNuls [...]

  2. Monalisa sur Blogasty 3 février, 2011 12 h 35 min

    Retrouvez cet article sur Blogasty…

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  3. www.fuzz.fr 3 février, 2011 12 h 48 min

    3 idées fausses à examiner pour se déconditionner un bon coup…

    3 idées fausses sur le bonheur pour se déconditionner un bon coup… Cet article est déconseillé aux adeptes du statu quo….

  4. zenetperf 3 février, 2011 15 h 28 min

    Une idée ( fausse ou vraie ??) bien répandue …

     »L’argent ne fait pas le bonheur »

    Toujours aussi sympa de te lire…

    karine
    http://zenetperf.over-blog.com

  5. stephane 3 février, 2011 15 h 53 min

    oh oui, et il y en a dans cet article…

    exemple : »Et le bonheur dans l’activité, c’est la capacité à s’impliquer dans une activité si totalement que le sentiment de soi se désintègre et qu’on ne voit pas le temps passer. Il s’agit bien de trouver la joie dans l’action, et non dans son résultat.  »

    ça, ça peut aussi s’appeler une addiction… ce n’en est pas forcément une, mais si on ne peut pas s’en passer, à coup sûr, cela en est une!

    Et aussi, vous écrivez bien que la réussite,après tout, faut faire des efforts pour l’obtenir… se mettre des objectifs… eh bien le bonheur aussi.

    ressentir du bonheur est la synthèse de tous les aspects de vie ! Qu’un seul aspect soit problématique et on ne le ressent pas!

    Ressentir du bonheur, c’est le signe qu’on va bien et qu’on a confiance en soi, que les choses négatives anciennes ne font plus rien et qu’on est serein (par opposition à anxieux).

    Si nager dans le bonheur est un idéal, donc inatteignable, en être tout près au point que cela ne fait aucune différence, c’est, par contre, tout à fait possible!

  6. Nath 4 février, 2011 2 h 43 min

    - l’épuisement (les 1ers mois du bébé sont particulièrement éprouvants et l’allaitement peut être vécu comme un esclavage),

    Ha oui,J,ai eu deux enfants et le premier j’ai allaité. Je n’ai pas pu le faire plus de trois semaines. La culpabilité qui s’ensuit à la suite de cette déception est terrible. Alors au deuxième, je n’ai pas allaité même si tous les intervenants ( infirmière, médecin, etc) me poussait à le faire. Mon deuxième enfant n’est pas plus malade aujourd’hui et son système immunitaire n’est pas moins fort.

    Il n’y a pas que la religion qui nous donne des faux sentiments de bonheur, mais aussi les contraintes sociales d’aujourd’hui. Certaines personnes se sentent obligés de faire tel ou tel chose poussés par leur entourage, mais ce qu’il faut garder en tête c’est que si vous ne vous sentez pas bien à faire quelque chose c’est vous n’y trouverez pas votre bonheur.

    Nath

  7. Monalisa 4 février, 2011 14 h 33 min

    @Karine (zenetperf) : bonne idée de sujet, ça aurait pû faire l’objet d’un 4ème point en effet. Bien sûr, si on a l’argent mais qu’on a des problèmes de santé et qu’on déprime, le bonheur on ne le trouvera pas. Mais ce n’est pas une raison pour le bouder ou le mépriser. L’argent est un bon esclave mais un mauvais maître ! Merci pour ton commentaire sympa.

    @Nath : merci pour ce témoignage.

    J’ai également une expérience contrastée de l’allaitement avec un mélange à la fois de satisfaction et d’aliénation. C’est pourquoi j’ai énormément aimé le livre de E. Badinter qui explique le pourquoi de la pression sociale, montre le revers de la médaille et déculpabilise toutes les mères de ne pas s’y retrouver au milieu d’injonctions extérieures.

    Je suis d’accord avec ta conclusion et j’ajouterai même : si on n’y trouve pas son bonheur, les enfants n’y trouveront pas le leur non plus.

  8. Monalisa 7 février, 2011 19 h 07 min

    @Stephane : faut-il faire des efforts pour parvenir au bonheur ?
    Oui dans un sens : si on ressasse le passé, qu’on a un penchant pour la jalousie, que l’anxiété nous sabote nos meilleurs moments. Dans ce cas, on peut songer à faire un petit travail sur soi.

    Et non dans un autre sens : si l’on se concentre sur le travail présent, on peut vivre très facilement des moments de « flow ». Et donc des moments de bonheur d’après la définition de Mihaly. Son idée, c’est vraiment que la souffrance d’aujourd’hui n’est pas chemin efficace vers un bonheur futur. Le bonheur, c’est aujourd’hui qu’on peut le vivre.

    Merci en tous les cas de nous avoir fait partager votre avis sur la question. C’est ce genre de commentaire qui enrichit le site.

  9. stephane 7 février, 2011 20 h 31 min

    @ Monalisa : c’est facile de resté concentré sur le présent quand on n’a plus un passé chargé de ressentis négatifs…

    à l’inverse, quelqu’un qui a un passé très chargé ne peut tout simplement pas être heureux ds le présent, tant que son passé reste chargé, émotionnellement parlant…
    Dans ce cas, une thérapie s’impose…

  10. Laurent 20 février, 2011 19 h 00 min

    Bonjour, le bonheur n’est pas si loin, chacun le trouvera dans l’amour, l’amour que l’on donne, chacun en a déjà fait l’expérience, à nous de la renouveller.
    Faire un cadeau, un don de soi, donner de son temps, aimer un enfant, aider une personne, bien faire un travail tous cela m’apporte un intense bonheur…

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