J’ai des jambes !

Valeria

Creative Commons License photo credit: Andrea Rinaldi

 

“Mais tu as des jambes (hé hé) ! Pourquoi es-tu toujours en pantalon d’habitude ?”

C’était mercredi soir lors d’une soirée chez des amis.

Plus tard, et n’y tenant plus, cette connaissance septuagénaire (que je croise depuis plusieurs années dans des soirées), s’approche (trop près) de moi, l’haleine avinée :

“Euh, comment tu t’appelles déjà ? Il faut que je te dise : tu devrais être plus femme !  Ta jupe ce soir, c’est bien, mais pourquoi porter toujours des chaussures plates ? Tu devrais mettre des talons aiguilles. C’est important pour nous, les hommes. C’est ça, être une femme tu sais !”

Il soulève le bas de ma jupe plus haut au dessus du genoux : “lààààààààààààà, comme ça c’est bien…”.

Ebahie, je ne sais pas trop comment réagir…

Visiblement, ce n’est pas une blague et il m’exprime sincèrement le fond de son cœur. Sa femme est d’ailleurs en jupe courte avec talons hauts.

Je sens la colère monter. Mais comment peut-il croire que j’éprouve le moindre intérêt à me faire reluquer par un p’tit vieux ? Comment peut-on avoir une vision aussi étroite de la femme en 2010 ? Est-il le méridien de Greenwich de l’évolution ?

A gauche, mon compagnon se tord de rire à la vue de mon expression. A droite, j’aperçois des amis hilares qui ne ratent pas une miette de la scène.

Le 2ème accord toltèque selon D. M. Ruiz me traverse l’esprit : “ne réagissez à rien de façon personnelle”. Après tout, je n’ai pas à me sentir rétrécie par sa vision limitée de la femme. Ce qu’il énonce ne me concerne pas. Ca ne concerne pas les femmes non plus. In vino veritas : c’est sa vérité et elle ne concerne que lui. Il n’y a personne, ni aucune idée, à défendre. Je deviens spectatrice de son film, je le regarde soudain comme une spectacle fascinant. Colère neutralisée, retour au grand calme.

Le convaincre qu’être une femme, c’est être tellement plus qu’un corps et qu’une image ? Un beau gaspillage d’énergie. Et puis, il n’est plus vraiment en état…

“Et bien, jacquot, au moins, tu vas pouvoir te souvenir de mon prénom maintenant… en l’associant à une paire de jambes !”

Avez-vous tendance à prendre les choses personnellement comme je le fais encore trop souvent ? Si c’est le cas, essayez de prendre du recul. Ne restez pas stoïque avec une émotion négative, mais laissez à l’autre la responsabilité de sa parole sans vous  en mêler. Cà évite de se laisser polluer… et c’est un pas immense vers la sérénité.

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16 commentaires pour “J’ai des jambes !”

  1. tapemoi.com 21 juin, 2010 10 h 17 min

    J’ai des jambes !…

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by Dév Perso, Lebonheurpourlesnuls. Lebonheurpourlesnuls said: Une révélation fracassante pour aujourd'hui : j'ai des jambes !http://su.pr/2QnYy5 [...]

  3. Nicolas Pène 21 juin, 2010 12 h 47 min

    Très bon conseil par l’exemple.

    Vu le caractère original de la situation, il doit être difficile d’arriver à retrouver son calme et justement ne pas réagir de façon personnelle.

    Au final, tu as très bien réagi et Jacquot gardera un bon souvenir de sa soirée ^^

  4. Monalisa 21 juin, 2010 19 h 37 min

    Et bien je pense que tu es un peu à l’origine de cet article Nicolas !
    Le mardi, tu me laisses un commentaire sur la voie de la liberté personnelle, m’obligeant à re-cogiter le 2ème accord toltèque.
    Le lendemain, Jaquot qui fait des siennes, et voilà l’accord qui me revient en tête…. Rien de tel pour une bonne mise en application des lectures.

  5. CHAMALICE 23 juin, 2010 8 h 35 min

    Bonjour,

    Votre article est très bon, il donne matière à réfléchir… merci !

    CHAMALICE

  6. Mama Zen 24 juin, 2010 19 h 59 min

    Je me soigne depuis plusieurs années de cette manie de tout prendre personnel ;-) ma condition s’est beaucoup améliorée depuis hi hi hi! Je pense être sur la voie de la rémission! Ton billet me ramène plusieurs souvenirs ;-)

  7. Argancel 27 juin, 2010 18 h 30 min

    LOL! A priori je pense que Jacquot aurait mérité une petite correction. Sinon il risque de penser que son comportement est normal et il recommencera…

  8.  1 juillet, 2010 9 h 28 min

    Belle application,
    à mon sens cet accord est solidifié à fond quand il est allié au 3ème, « ne faire aucune supposition ». Sans ça, il reste très fragile.

    Sans ce troisième accord tu pourrais nourrir abusivement ses paroles avec des choses qu’il n’a pas prononcé, tu pourrais aussi lui supposer une meilleure connaissance de ce qu’est la féminité. Tu pourrais te remettre en question injustement.

  9. Monalisa 1 juillet, 2010 11 h 14 min

    Je suis vraiment content Lô d’avoir un commentaire de quelqu’un qui connait et aime les accords toltèques : merci !

  10. daniel 24 décembre, 2010 15 h 53 min

    Dans le film intitulé; the living lumaniries, Don Miguel Ruiz commence son interview en disant: régle n° 1. Ne croyez personne et règle n°2. Ne croyez même pas en vous même.

    Je pense que comme disait Einstein à savoir que la personnalité est une illusion d’optique de la conscience, qu’il est plus facile de rire de soi quand on sait que la personnalité est une fraude.
    Contrairement à l’humour contemporain qui est dirigé vers l’extérieur, le vrai humour est axé vers l’intérieur. La personne qui s’éveille rie d’elle-même.
    L’image de soi-même est un concept dont on s’est amouraché. il est donc assez facile de tomber en désamour

  11. Monalisa 25 décembre, 2010 18 h 56 min

    Merci Daniel pour ce commentaire aussi instruit que pertinent. Et bien sûr, c’est très vrai : le 2ème accord toltèque mène au sens de l’autodérision. Rire plus de soi-même : c’est une bonne idée de résolution pour 2011…

  12. daniel 26 décembre, 2010 17 h 06 min

    @monalisa. Merci pour tes commentaires.

    J’aime bien rire de moi quand je ressens de la lassitude.
    Je me dis toujours que c’est l’enfant en moi qui refuse de grandir.
    Je pense que nos habitudes et automatismes nous volent notre liberté.
    D’autant plus que je ne crois plus au dicton : je pense donc je suis !
    Je ressens sincèrement que des l’instant où je cogite, je me fais avoir par la société et son système perverse et sa cohérence artificielle.

    Voici ci-dessous un petit passage d’Emerson sur la cohérence
    « Il y a autre chose qui nous fait nous détourner avec terreur de la confiance que nous avons en nous-mêmes : c’est notre attitude de cohérence ; un respect pour nos paroles ou nos actes passés, car le regard des autres n’a comme repères que nos actes passés pour juger de notre propre orbite et nous répugnons à les recevoir.

    Mais pourquoi faudrait-il que vous gardiez la tête sur les épaules ?

    Pourquoi traîner ce cadavre de la mémoire de peur de contredire ce que vous avez affirmé dans tel ou tel lieu public.

    Supposez que vous soyez amené à vous contredire ? Et alors !

    Il semble que cela soit une règle de la sagesse de ne jamais compter sur la seule mémoire, encore moins lorsqu’il s’agit d’accès de mémoire pure, mais de soumettre le passé au jugement du présent aux mille regards, et de vivre à chaque fois un jour nouveau…..

    Cet esprit de cohérence stupide est le farfadet des esprits pusillanimes, vénéré par les hommes d’Etat, les philosophes et les théologiens de piètre envergure. Une grande âme n’a rien à faire de cet esprit de cohérence. Autant se préoccuper de son ombre sur le mur……
     »

    A qui n’a pas de Dieux, le mal de tête sert de vêtement, quand il marche dans la rue

  13. Monalisa 29 décembre, 2010 14 h 52 min

    @Daniel : très intéressant ce passage d’Emerson. Il va à contre-courant des idées actuelles, donne un bon coup de pied à nos certitudes et donne des arguments cohérents : merci car c’est tout ce que j’aime !

  14. [...] à être moins vulnérable aux faits et gestes des autres, et  ne pas prendre les remarques désagréables de façon personnelle. La peur et l’amour sont 2 sentiments parfaitement incompatibles. Avoir moins peur des autres [...]

  15. [...] à être moins vulnérable aux faits et gestes des autres, et  ne pas prendre les remarques désagréables de façon personnelle. La peur et l’amour sont 2 sentiments parfaitement incompatibles. Avoir moins peur des autres [...]

  16. [...] intéressante. La critique peut également être infondée, et dans ces cas-là, il est inutile de prendre la remarque personnellement : elle en dit plus long sur votre interlocuteur que sur [...]

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