Ne soyez surtout pas une femme formidable !

 

J’ai vu avec beaucoup de plaisir au cinéma cette semaine le film “Les invités de mon père”.

Le personnage joué par Karin Viard y découvre vers la quarantaine qu’elle a passé sa vie à rechercher l’approbation de son père. A tendre vers l’image de la perfection selon cet homme. Elle a choisi en fonction de lui son métier (médecin généraliste), ses petits amis et son mari, ses valeurs (consacrer sa vie aux nécessiteux), ses goûts musicaux, sa tenue vestimentaire (plutôt mère Thérésa que Rihanna)…. Bref, un exemple superbe d’une vie passée à côté de soi-même.

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Je crois (mais je n’ai pas de statistiques à ce sujet) que la recherche d’approbation est une tendance  assez féminine.  Peut-être parce que je suis tombée dans le panneau moi-aussi…

L’avantage d’avoir fait cette erreur et d’avoir rectifié le tir c’est je pense de ne pas tomber dans les autres pièges.  Or ceux-ci sont nombreux…

1 – Le mythe de la mère parfaite.

Vous voulez être conforme à l’image d’une bonne maman pour ses enfants ? Allez chercher les enfants dès que possible à la sortie de l’école ! 16h30, c’est le top. Ou alors un peu plus tard si vous travaillez, mais vos enfants seront alors fatigués et ce sera à cause de VOUS… Vous pourrez vous rattraper en leur consacrant tout votre temps libre à faire de folles parties de jeu de l’oie, des châteaux de sable, jouer aux raquettes, au ballon, faire des puzzles Winnie l’ourson… , l’éclat’ non ? Ces merveilleuses activités sont une joie de tous les instants car une vraie mère veut passer tout son temps avec ses enfants. N’oubliez pas entre temps de faire des repas sains et frais, de mixer les compotes maison pour le bébé et tant pis si vous passez des heures dans les épluchures. Ils le méritent bien…

Ce mythe est très bien entretenu à mon avis par les enseignants et les familles catholiques.

2 – Le mythe de la vrai femme

Si vous êtes une mère parfaite, n’oubliez pas quand même d’être un super coup au lit. C’est vrai, à vous occuper autant des enfants, votre mari risque d’être jaloux et de se retrouver en carence affective. Et comme disait ma grand-mère :  “on retiens un homme avec 2 choses : l’estomac et le sexe !” (j’invente rien !). Donc le soir, c’est nuisette sexy. Même l’hiver. Votre compagnon a cependant le droit de dormir en slip troué avec son vieux t-shirt préféré.

Le reste du temps, soyez épilée, maquillée (léger mais classe), tirée à quatre épingles, colorée des cheveux (les cheveux gris ça ne va qu’aux hommes), musclée des fessiers et des abdominaux, légèrement hâlée et mince (pas de relâchement hein ?). Redressez-vous, soyez belle, souriante, féminine, douce et forte à la fois.

3 – Le mythe de la bonne maîtresse de maison

Si votre maison n’est pas propre, sachez que ce sera toujours de votre faute. Pas celle de votre compagnon. Car tout le monde sait qu’une femme est comblée lorsqu’elle passe l’aspirateur, trie le linge sale et sort les poubelles. Elle est née un peu pour ça…Ma mère et ma belle-mère s’indignent depuis 10 ans de ce que je ne repasse pas le linge… Bien évidemment, ce n’est pas à mon compagnon de le faire même si on travaille tous les deux. Ce dictat est à mon avis bien vivant chez les femmes de la génération du baby-boom et leurs mères.

4 – Le mythe de la “working-girl”

Ce n’est pas parce que vous vous occupez en grande partie des enfants, de la maison et de votre mari qu’il faut se prélasser. Car on attend d’une femme moderne qu’elle rapporte de l’argent à la maison. D’ailleurs, elle a de grande ambitions de carrière. Elle réussit dans un métier valorisant socialement dans lequel elle s’épanouit pleinement. Elle veut même être “chef de …”, “responsable de…’", “cadre en…” : ça fait toujours un effet bœuf devant la famille et les amis. Elle s’investit personnellement dans l’entreprise : c’est tellement merveilleux de mobiliser son énergie vers un objectif collectif pour enrichir son patron avoir plus de chance de conserver son emploi. Cet emploi lui permet d’ailleurs d’être utile à la société.

La working-girl audacieuse et brillante peut même être tentée de créer sa société. Il faudra cependant qu’elle s’assure que cela ne nuira pas au bien-être de son compagnon ou de ses enfants. Son bien-être à elle, on s’en tape.

5 – Le mythe de la fille attentionnée

Ca c’est celui de Karin Viard dans le film. J’ai oublié de dire que la fille attentionnée doit se préparer à s’occuper de ses vieux parents (voire beaux-parents) qui vieillissent. Les emmener chez le médecin, faire la toilette plus tard, les sortir… La fille attentionnée a peut-être un frère, mais ça ne compte pas. D’ailleurs, il est très occupé : beaucoup de travail… Et puis, une femme, ça sait faire ça beaucoup mieux hein ?

Bref, cherchez à être une femme formidable auprès de votre famille, vos amis, vos connaissances, vos collègues, vos voisins, vos enfants, les instituteurs de vos enfants, …. et vous risquez de finir épuisée. Vidée comme une coquille. Ou dépendante du prozac.

Ou alors vous pouvez choisir de vous aimer suffisamment pour vous permettre de vivre selon vos critères. Vous pouvez décider si vous méritez d’avoir du temps pour vous. Vous pouvez vous demander si l’épitaphe “elle fut une bonne ménagère” vous irait bien ? Et si prendre 1 heure pour soi après le travail avant de chercher les enfants à l’école risque d’avoir des conséquences irréversibles…

C’est déjà ce que vous faites ? Mais quelle égoïste ! Pour qui vous prenez-vous ?

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16 commentaires pour “Ne soyez surtout pas une femme formidable !”

  1. Mattie 14 avril, 2010 7 h 47 min

    Merci pour cet article tellement vrai ! Cependant, cela commence à évoluer… car maintenant on commence à culpabiliser aussi les hommes ! Ils devraient passer tous leurs moments de libres au zoo, à faire des parties de mini-golf, leurs vacances à emmener les enfants aux aires de jeux etc… (tiens, que des activités extérieures, il reste une certaine séparation tout de même). L’année dernière, lorsqu’on racontait à nos amis qu’on avait fait garder en babyclub (un peu, rassurez-vous) les enfants pendant nos vacances, j’en ai vu qui salivaient d’envie : comment, on aurait peut-être pu nous aussi avoir quelques moments à nous ?

  2. Monalisa 14 avril, 2010 13 h 58 min

    Tu fais garder tes enfants pendant tes vacances ! Mais quelle genre de mère es-tu donc ? Et pourquoi pas vivre ta vie pour ton plaisir pendant qu’on y est ….

    C’est vrai que les hommes eux-aussi sont mis au rang. D’ailleurs s’il y a des hommes qui me lisent, je les incite à exprimer ici les mythes qui les oppressent. Vous savez, ces attentes de votre entourage auxquelles vous sentez devoir vous conformer afin d’être acceptés…

  3. Yoann Romano 15 avril, 2010 16 h 11 min

    Salut Monalisa,

    Tu mets l’accent sur un sujet épineux mais important : celui d’oser s’affirmer quel que soit ce que pensent les autres de nous. En tant qu’homme il y a quelques années j’ai moi-même été soumis à cette « pression » tant sociale que familiale.

    Celle de faire des études pour tout le reste de la famille, puis de se marier d’avoir deux enfants. De finir sa vie en mode métro boulot dodo…

    Ensuite, après avoir lu un livre criant de vérité (The Way Of The Superior de David Deida) je me suis rendu compte qu’effectivement, et comme tu le soulignes implicitement dans ton article, le vrai bonheur consiste à faire ce qui nous plait vraiment. A être intègre et fidèle à ses valeurs. Qu’elles plaisent aux autres ou non. C’est difficile parfois, mais beaucoup moins que de passer sa vie à être quelqu’un d’autre, sous prétexte de devoir plaire à quelqu’un.

    Merci pour cet article,
    j’irai voir ce film.

    Yoann

  4. Monalisa 15 avril, 2010 16 h 33 min

    C’est vrai, on demande aux hommes d’être des soutiens financiers : donc études prestigieuses, réussite professionnelle et perpétuation du nom de famille.

    C’est difficile en effet de recevoir de sa famille de la déception, une image négative parce qu’on est pas ce qu’on « devrait » être ou que l’on ne fait pas ce qu’il faudrait. Et de devoir se construire avec ça.

    Tu as été assez fort ou assez sûr de ce que tu voulais pour le faire. Bravo ! Il vaut mieux faire le bon choix à 20 ans qu’à 40 ans …

  5. Carozen 16 avril, 2010 15 h 11 min

    Je connais une femme qui incarne : la bonne maîtresse de maison, l’épouse et la mère parfaites (tout ce que je ne suis pas). La dernière fois qu’elle est venue chez moi, elle s’est plongée dans un magazine féminin (franchement pas top). Quand elle m’a dit toute émerveillée « Chez moi, j’ai jamais le temps de lire », ça m’a fait mal au cœur. Le problème, c’est qu’elle a été tellement conditionnée que je n’arrive pas à entrer dans son monde :-( Dommage qu’elle ne parle pas français, j’aurais pu mettre ton article bien en évidence sur ma table pour sa prochaine visite ;-)

  6. MULLER Geraldine 23 mai, 2010 16 h 53 min

    Je tiens à vous dire que j’aime votre blog; je le trouve très intéressant; merci.
    Je reviendrai.
    Geraldine

  7. Monalisa 24 mai, 2010 16 h 13 min

    Merci Géraldine.
    Je mets dans mon blog tout ce qui est essentiel à mes yeux. Et j’apprécie infiniment cet encouragement venant d’une artiste…

  8. Mestizaje 5 octobre, 2010 22 h 00 min

    Deuxième commentaire de la soirée mais… j’adore votre blog ! Le style est parfait, ne changez rien :)

  9. [...] pas le meilleur film que j’ai vu, et j’étais sorti beaucoup plus enthousiaste du dernier film (les invités de mon père) dont je vous avais parlé. Mais il faut dire aussi que le film n’est pas une comédie, donc il [...]

  10. [...] – Ne recherchez pas l’approbation : c’est un piège [...]

  11. [...] ou injurieuses des différents protagonistes, ose prendre des risques quitte à se ramasser et ne recherche aucune approbation. Il suit sa propre vision de l’enquête, et n’en fait qu’à sa [...]

  12. [...] des petites séances d’entrainement pour sortir de votre timidité, vous libérer de votre recherche d’approbation,…  Faites comme les entreprises, les politiciens et les chefs d’entreprise : engagez-vous [...]

  13. [...] la médaille nationale de la mère parfaite, [...]

  14. [...] 4 – La capacité à ne pas dépendre entièrement du regard des autres sur soi ou de l’intérêt qu’ils peuvent nous porter. Ca commence par savoir se libérer du besoin d’approbation. [...]

  15. Nathalie 10 juin, 2011 15 h 26 min

    J’adooore !!!!

  16. [...] Un proche vous perturbe en désapprouvant votre nouvelle façon de vous habiller ? Décidez de vous libérer de votre quête d’approbation constante. [...]

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